Il s’appelait Tony… enfin presque !
Bonjour,
Nous sommes en septembre 1980. Cela fait neuf mois que je sors avec Tony.
Aujourd’hui, dimanche, il vient me chercher devant la maison pour la première fois. Nous allons ensemble danser en boîte.
J’en parle à maman. Je lui dis :
— « M. vient me chercher demain. M. a fait ceci et cela la semaine dernière… »
Maman me regarde et me dit :
— « Mais c’est qui, ce M. ? Tu ne parles que de lui depuis que tu es rentrée de boîte dimanche soir ! Qu’est devenu ton précieux Tony, dont tu me rabâches les oreilles depuis le début de l’année ? »
Je lui explique que mon Tony, n’aimant pas ses prénoms, se fait appeler Tony par tout le monde. Il me l’a avoué dimanche dernier.
Quand il me l’a dit, je ne l’ai pas cru. Je pensais qu’il se moquait de moi, qu’il me faisait une farce.
Mais après plusieurs minutes, il a sorti sa carte d’identité. Et là, surprise : sur celle-ci figuraient ses deux anciens prénoms… des prénoms de vieux, comme on disait à l’époque !
Tony et M. sont donc bien la même personne.
À compter de ce jour-là, je ne l’ai pratiquement plus appelé par ses prénoms, ni Tony ni M.
Je ne me souviens plus quel petit nom je lui donnais, mais je suis certaine de ne pas l’avoir appelé M.
Cela me perturbe même encore aujourd’hui !
Il est arrivé devant la maison. Je l’avais prévenu de ne pas s’approcher de ma porte : je n’étais pas encore prête à le présenter officiellement à mes parents.
Enfin… j’étais prête, mais je traînais un peu, histoire de laisser à maman le temps de le regarder discrètement.
Maman me dit :
— « Le beau gosse, là-bas, au bout de la rue, c’est Tony… euh… M. ? »
Je lui réponds :
— « Oui. »
Et elle me dit :
— « Eh bien dis donc ! Il est super mignon ! Il doit faire des ravages auprès de toutes les filles ! »
Je fais la grimace. Je n’aime pas du tout penser à ça !
Je rejoins M. Nous nous embrassons dans la rue pour la première fois.
Cela me fait bizarre, car je sais que maman me regarde derrière le rideau !
Nous partons vers le dancing.
Sur la route, il me demande :
— « Tu as une grande sœur ? »
Je lui réponds :
— « Non. »
Il me demande alors :
— « Qui est venu devant ta porte quand tu es sortie pour me rejoindre ? »
Je lui réponds :
— « C’est maman. Pourquoi ? »
Il me dit :
— « Waouh ! Elle fait très jeune, ta mère ! »
Eh bien oui ! Nous avons quinze ans et demi d’écart. Elle pourrait presque être ma sœur, lol !
Mais c’est ma maman… alors pas touche !
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